9 avril 2010 : De l'assurance-emploi
S'il y a un dossier sur lequel le Bloc travaille avec acharnement, c'est bien celui de la réforme de l'assurance-emploi. Depuis les années 1990, le système d’assurance-emploi s’est éloigné de son but premier et les modifications soutenues par le Bloc Québécois visent à ramener l’assurance-emploi au service des travailleuses et des travailleurs et à l’adapter à leurs besoins actuels.
Cette réforme n'est ni simple, ni facile à faire passer. La preuve en est que malgré le dépôt de nombreux projets de loi, d'études et de pétitions, nous n'y sommes pas encore parvenus. Mais, on ne lâche pas.
Faute d'une réforme en profondeur du régime, nous y allons à la pièce. Ainsi, le 3 mars, le Bloc a présenté le projet de loi C-241 visant à abolir le délai de carence, cette période de deux semaines sans rémunération, que doivent subir les prestataires en début de demande. Un tel délai ne concorde pas avec les finalités pour lesquelles le régime a été conçu. Puisque les Conservateurs ne croient pas qu’une grande réforme soit nécessaire, on va commencer par l’abolition de cette flagrante injustice.
Ce 3 mars donc, les travailleuses et les travailleurs ont obtenu une victoire importante avec l’adoption de C-241 présenté en priorité qui, dans la même journée, a passé les étapes des deux premières lectures et de l'adoption du rapport du comité. Le chemin parcouru sera toutefois inutile si le projet de loi n’obtient pas la recommandation royale. Souhaitons donc que le gouvernement pose un geste constructif en faveur des travailleuses et des travailleurs affectés par la crise économique et respecte la volonté démocratique de la Chambre en laissant le projet de loi poursuivre son chemin.
D'autre part, le 20 mars dernier, le Bloc Québécois tenait son Conseil général à Québec. Nous en avons profité pour faire le point en cette vingtième année d'existence. Et oui, ça fait 20 ans que le Bloc se bat contre le système fédéral et après tout ce temps, un constat s’impose : une offre du Canada répondant aux besoins du Québec ne viendra jamais.
C'est vrai en matière constitutionnelle et aussi en ce qui touche les besoins économiques, sociaux, environnementaux et financiers du Québec. Les fédéralistes ne peuvent plus promettre le changement aux Québécoises et aux Québécois, car ils savent que ce n’est pas possible. Comme l'a si bien exprimé le chef du Bloc, Gilles Duceppe : "Les fédéralistes du Québec sont en faillite intellectuelle. Ils n’ont plus rien à proposer que le recul du Québec, que son inexorable affaissement au sein du Canada ".
Cela affecte la vie quotidienne des Québécois. Ainsi, les Maritimes, l’Ontario et la Colombie-Britannique auront tous été compensés à coups de milliards pour l’harmonisation de la taxe de vente alors que le Québec, qui a été le premier à le faire, ne recevra pas un sou.
Le dernier budget indique noir sur blanc que l’industrie de l’auto en Ontario a reçu 9,7 milliards de dollars, tandis que l’industrie forestière devra se contenter de 170 millions de dollars. L’absence d’action en matière de lutte aux changements climatiques nuit à l’environnement et à l’économie québécoise. Si nous parvenions à réduire de moitié notre dépendance au pétrole d’ici 2020, nous serions en mesure d’investir entre 5 et 10 milliards de dollars supplémentaires, chez nous, à chaque année. Mais pris dans les filets du Canada pétrolier, le Québec peine à avancer vers la réduction de sa dépendance au pétrole.
Aucun fédéraliste ne pourra jamais garantir aux Québécoises et aux Québécois un pays francophone, où la culture québécoise sera reconnue et célébrée, où la citoyenneté correspondra à nos valeurs et à nos intérêts. Comme le disait si bien Pierre Bourgault : “On veut pas être une province pas comme les autres, nous voulons être un pays comme les autres."
Marc Lemay, député d’Abitibi-Témiscamingue
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| Billet du 9 avril 2010.doc | 26 Ko |