5 février 09 (le budget 2009)

La Chambre des communes a recommencé ses travaux, le gouvernement conservateur a déposé son budget, les libéraux l’ont appuyé, Harper reste en poste. Il n’est plus question de coalition, ni d’élections pour l’instant.

 

Une fois cela dit, nos problèmes ne sont pas réglés pour autant. Le budget présenté est tout à fait inacceptable parce ce qu'au lieu d’aider le Québec, le gouvernement Harper a décidé de le priver de moyens importants pour faire face à la crise et de répondre plutôt aux vœux de l’Ontario et de l’Ouest.

À titre d’exemple, le gouvernement offre des mesures, principalement destinées à l’Ontario, qui s’élèvent à près de 4 milliards de dollars (2,7 milliards pour le secteur automobile, largement concentré en Ontario, et un autre milliard destiné au sud de l’Ontario). En contrepartie, les secteurs forestier et manufacturier du Québec ne recevront que quelques millions. La mauvaise foi des conservateurs est telle qu’ils reviennent encore avec leur Fonds d’adaptation pour les collectivités, qui n’octroie au Québec qu’une infime fraction de l’argent consenti par emploi perdu, même si c’est au Québec que la crise forestière frappe le plus.

Parlant de crise forestière, l'aide de 170 millions de dollars répartie sur deux ans et destinée à l’industrie forestière de l’ensemble du Canada, est une risée.

Et que dire des baisses d’impôt qui ne sont pas ciblées de sorte qu’une famille qui gagne 150 000 dollars recevra plus qu’une famille qui en gagne 40 000. Ces baisses d’impôt n’aideront ni les gens qui perdent leur emploi, ni les compagnies qui ne font pas de profits.  

Du côté du logement, le gouvernement conservateur injecte 2 milliards dans le logement social mais en réservant une grande partie de cette somme pour la rénovation. En négligeant la construction de nouvelles unités, on ne règle en rien la pénurie de logement social et on ne vient pas en aide aux familles à faible revenu et aux personnes âgées démunies. 

En ce qui concerne le régime d’assurance-emploi, une grande partie des travailleurs qui perdent leur emploi continueront à ne pas y avoir accès et bien sûr, les travailleurs âgés sont encore laissés pour compte.

J’en aurais encore long à dire sur le plafonnement de la péréquation qui fera perdre un milliard de dollars au Québec cette année et jusqu’à deux milliards l’an prochain, ce qui est autant d’argent en moins pour la santé, l’éducation et la politique familiale. Il y a aussi le refus des conservateurs d’éliminer les coupes en culture, un secteur très important pour l’économie québécoise, tout comme leur refus d’éliminer les coupes infligées aux organismes de développement économique. Et l’accord de Kyoto, toujours laissé de côté, tandis que les riches et grandes compagnies mettent leur argent à l’abri des paradis fiscaux, que les pétrolières continuent de siphonner nos poches et que les grandes banques, qui ont reçu une aide financière monumentale, n’ont aucune véritable obligation à respecter en contrepartie, Tout ce beau monde continue à bénéficier de généreux privilèges.

Voilà pourquoi ce budget est inacceptable et pourquoi je ne peux aucunement y souscrire.

 

 

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