25 février 2010

 

C’est le 3 mars prochain que reprend la session parlementaire. Ce jour-là ce sera le discours du trône et le lendemain, le dépôt du budget.

 

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augures, je crains que ce budget conservateur, une fois de plus, ignore les intérêts et les priorités du Québec. On se rappelle qu’en 2009, le budget avait été spécifiquement conçu en fonction de l’Ontario et sa crise dans le secteur automobile et que les politiques fiscale et environnementale d’Ottawa étaient dans une large mesure écrites pour protéger l’industrie pétrolière de l’Alberta. Les transferts au Québec ont été plafonnés et le gouvernement refuse toujours de rendre justice au Québec en lui versant la compensation de 2,2 milliards de dollars pour l’harmonisation des taxes. Du côté des gens qui ont perdu leur emploi, il n’y a pratiquement aucune aide qui vient d’Ottawa, les changements à l’assurance-emploi ayant été élaborés en réponse aux besoins de l’Ontario et de l’Ouest canadien.

 

Cela étant dit, le Bloc Québécois, en prévision du prochain budget, a présenté, de bonne foi, des propositions concrètes et raisonnables pour le Québec. En fait, le Bloc propose d’agir principalement sur trois fronts :

1.   Identifier et mettre en place des mesures pour assurer une relance vigoureuse et durable de l’économie québécoise;

2.   Rectifier l’iniquité envers le Québec en matière de transferts financiers;

3.   Instaurer des mesures de lutte au déficit qui s’attaquent d’abord et avant tout aux privilégiés et non pas à la population.

 

Assurer une relance vigoureuse et durable :

Nous avons des propositions pour les secteurs forestier et manufacturier ainsi que pour les industries de pointe, en particulier l’aérospatiale et le pharmaceutique. De plus, il faut un plan crédible de lutte aux changements climatiques. Il est temps que le gouvernement impose des cibles contraignantes et absolues de réduction des GES selon une approche territoriale, c’est la seule façon d’assurer le démarrage de la bourse du carbone. Le gouvernement devrait aussi appuyer diverses initiatives pour favoriser l’occupation du territoire, notamment en encourageant le retour des jeunes en région. Nous souhaitons également le transfert au Québec, de l’ensemble des budgets et des pouvoirs en matière de culture et de communications. Finalement, nous avons des propositions à soumettre en vue d’aider les chômeurs, les travailleurs âgés et les plus démunis.

 

Ottawa doit être équitable envers le Québec :

Pour mettre fin à l’étouffement financier d’Ottawa envers l’État québécois, il faudra que le gouvernement Harper cesse de traficoter la formule de péréquation, qu’il rétablisse les transferts pour l’éducation et qu’il compense le Québec pour l’harmonisation des taxes. Les sommes dont on parle ici atteignent les milliards de dollars et sont nécessaires pour le Québec. Stephen Harper pourrait commencer par respecter sa promesse brisée d’éliminer le supposé pouvoir fédéral de dépenser dès le prochain budget.

 

S’attaquer au déficit :

Pour ce qui est de la lutte au déficit, on devra cibler les privilégiés plutôt que de toujours faire porter le fardeau à la classe moyenne et aux plus démunis. Ainsi, nous pourrions imposer une surtaxe de 1 % à ceux qui ont un revenu de plus de 150 000 dollars. Nous songeons aussi à une super taxe imposée aux dirigeants d’entreprises qui peuvent encaisser des revenus démesurés par rapport au salarié moyen. Il faut également agir avec force contre l’utilisation des paradis fiscaux, même chose pour les pétrolières qui bénéficient de généreux privilèges fiscaux et qui doivent, elles aussi, contribuer à la lutte au déficit.

 

Les propositions budgétaires du Bloc Québécois sont donc sur la table et la balle est désormais dans le camp des conservateurs. Il leur appartient maintenant de saisir l’occasion de rendre justice au Québec.

 

 

 

Marc Lemay, député d’Abitibi-Témiscamingue

 

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