19 mars 10 (Budget 2010)

 

Le budget 2010 présenté par le gouvernement conservateur nous montre encore une fois que le fédéralisme ne répondra jamais aux aspirations du Québec et que notre seule voie d’avenir, c’est la souveraineté.

Mais, direz-vous, c’est sûr qu’un député du Bloc Québécois ne pouvait penser autrement face à un budget fédéral.

À cela je répondrai que ce n’est pas le cœur qui m’amène à cette conclusion mais plutôt la logique et la réflexion. Je vous invite à faire votre propre constat en analysant vous-même les faits vous verrez, qu’on parle de la forêt, de l’aéronautique, de l’environnement ou de la culture, des industries de première importance au Québec, ce budget ne répond pas adéquatement à nos besoins.  

En fait, le gouvernement conservateur poursuit dans la voie de son énoncé économique précédent, c’est-à-dire avec des politiques orientées sur les besoins de l’Ontario et de l’Alberta. À titre d’exemple, l’industrie automobile reçoit 9,7 milliards de dollars, alors que seulement 170 millions de dollars sont alloués pour l’industrie forestière, vitale pour les régions du Québec. Les conservateurs ont beau faire miroiter aux entreprises manufacturières une levée des frais de douane pour l’achat d’équipements mais, faute de prêts et de garanties de prêts, bon nombre d’entre elles n’ont pas l’argent pour s’en procurer.

D’un autre côté, l’environnement est à toutes fins pratiques ignoré dans le budget, alors qu’on consacre un milliard de dollars pour le développement de la filière nucléaire et des pétrolières, qui bénéficient  pourtant déjà de généreux avantages fiscaux.

La nécessité de bonifier l’assurance-emploi et le supplément de revenu garanti pour les aînés, de même que de s’attaquer aux problèmes du logement social et de l’itinérance sont ignorés. Et bien sûr, le gouvernement néglige le fait que ce sont les femmes qui sont le plus frappées par la pauvreté.

L’État québécois est aussi perdant dans ce budget. Les conservateurs maintiennent leur décision de plafonner unilatéralement les paiements de péréquation. Ils offrent une fin de non-recevoir aux demandes du Québec pour la hausse des transferts fédéraux, notamment en éducation et le budget ne prévoit en outre aucune compensation pour l’harmonisation de la taxe de vente.

Le budget confirme le maintien d’un régime fiscal très généreux envers les banques et l’industrie pétrolière, mais il refuse d’aider les gens. Au contraire, le gouvernement ne se gênera pas pour piller 19 milliards de dollars dans la caisse d’assurance-emploi de 2011 à 2015. Harper semble aussi avoir les aînés dans le collimateur en annonçant un examen du système de revenu de retraite du Canada dès ce printemps. C’est d’autant plus déplorable que les dépenses militaires continuent d’augmenter et qu’aucune mesure n’est prévue pour mettre fin aux paradis fiscaux ou pour mettre à contribution les privilégiés ayant un revenu imposable supérieur à 150 000 dollars par année ou des primes démesurées.

En bout de compte on ne peut donc s’empêcher de constater que ce budget, dans sa forme actuelle, passe complètement à côté de la réalité économique des Québécoises et des Québécois. En fait c’est comme si pour le Canada, le Québec est une quantité négligeable. D’où ma conclusion que notre avenir passe par la gestion de notre propre pays. Et vous, quelle est votre conclusion ?

Si vous désirez prendre connaissance du budget, voici l’adresse du site Web où on le retrouve : http://www.budget.gc.ca/2010/plan/toc-tdm-fra.html

 

Marc Lemay, député d'Abitbi-Témiscamingue

Fichier disponibleTaille
Billet du 19 mars 2010.doc26.5 Ko