19 mars 09 (motions présentées par le Bloc)

Au cours des trois dernières semaines, en Chambre des communes, les députés du Bloc Québécois n’ont pas chômé.

 

D’abord, nous avons eu un premier débat sur le projet de loi C-308 (bonification du régime d’assurance-emploi). Le point discuté fut l’abolition du délai de carence de deux semaines. C’est une mesure simple, concrète, qui produira des effets tangibles au bénéfice des victimes de la crise qui doivent pouvoir bénéficier rapidement du service pour lequel ils cotisent. Dans sa forme actuelle, le régime pénalise les chômeuses et chômeurs qui perdent leur emploi en leur imposant deux semaines «d’attente». Un tel délai n’est pas normal et ne concorde pas avec les fins pour lesquelles le régime d’assurance-emploi a été conçu.

 

Par la suite, les députés du Bloc ont remporté une importante victoire : la motion qu’ils ont déposée au Comité permanent des ressources humaines concernant le budget du programme Emplois d’été Canada est adoptée. Cette motion réclame l’augmentation du programme en fonction de la croissance des taux de salaire minimum. En effet, le salaire minimum au Québec était de 7,75 $ en 2006 et s’élèvera bientôt à 9 $! Une bonification du budget d’Emplois d’été Canada est donc essentielle pour assurer la vitalité de l’emploi étudiant. Fait notable : les conservateurs n’ont pas voté en faveur de cette motion qui vise à soutenir à la fois les jeunes et l’économie. Cela en dit long sur leur préoccupation en lien avec l’emploi des jeunes.

 

Préoccupé aussi par la situation précaire dans laquelle se retrouvent des milliers de personnes âgées vulnérables, le Bloc Québécois a déposé une motion pour bonifier le Supplément de revenu garanti (SRG). Le gouvernement Harper prive toujours injustement des dizaines de milliers de personnes âgées de revenus importants qui leur sont dus. Non seulement les conservateurs refusent de rembourser les aînés floués par le régime, mais ils refusent également d’améliorer les conditions de vie des prestataires du SRG. La motion vise justement à corriger cette situation inacceptable.

 

Par la motion M-300, nous proposons de bonifier le Supplément de revenu garanti. Outre la pleine rétroactivité des montants dont les prestataires ont été privés, nous réclamons une hausse des prestations pour atteindre 110$ par mois, l’inscription automatique pour les personnes de 65 ans et plus qui y ont droit, ainsi que le maintien des versements pour une période de 6 mois, au bénéfice des conjoints lors du décès des prestataires.

 

Finalement, le Bloc a mis au défi le gouvernement de déposer un projet de loi pour interdire le recours aux briseurs de grève. Le défi s’adresse particulièrement au chef libéral, Michael Ignatieff, pour l’inviter à respecter sa parole. On se rappelle que lors d’une conférence de presse en janvier dernier, le chef libéral a déclaré : « Je suis contre les scabs. J’ai évoqué avec M. Arsenault (de la FTQ) une expérience de ma jeunesse où j’ai vu des scabs qui traversaient les lignes de piquetage et je comprends l’angoisse, la colère des travailleurs envers les scabs. Mais il faut protéger les services essentiels, il faut protéger par exemple les transports en commun. Je ne suis pas contre une loi anti-scabs, mais je veux une bonne loi, bien bouclée, bien réglée. »

 

Si le chef libéral est sérieux lorsqu’il affirme être favorable à une loi anti-briseurs de grève, il n’a d’autre choix que d’appuyer la motion du Bloc. C’est une histoire à suivre.

 

 

 

Marc Lemay, député d’Abitibi-Témiscamingue

 

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