14 janvier 10 : Bilan de la dernière session parlementaire

 

Le début de la nouvelle année est l’occasion de faire le bilan des événements passés. Voici donc le bilan de la dernière session parlementaire.

 

Rarement ai-je ressenti avec autant d’intensité la nécessité pour le Québec de sortir du Canada pour voler de ses propres ailes.  

 

La dernière session parlementaire et les récents événements m’ont confirmé que les priorités du Québec, le choix de solutions privilégiées par les Québécoises et les Québécois s’éloignent des façons de faire du Canada. Qu’on parle des travailleurs et des chômeurs, de la conférence de Copenhague, des cachotteries au sujet des prisonniers afghans ou encore du registre des armes à feu, le gouvernement Harper a opté pour des choix allant à l’encontre des valeurs et de la volonté des Québécoises et des Québécois.

On retiendra de cette dernière session que les conservateurs et les autres partis ont ignoré toutes les décisions unanimes de l’Assemblée nationale, que des milliards de dollars ont été versés pour l’industrie de l’automobile concentrée en Ontario, que des efforts considérables ont été accordés à l’industrie du pétrole de l’Alberta alors que l’industrie forestière québécoise en pleine crise, a été laissée à elle-même.

Harper a maintenu sa volonté de retirer au Québec ses pouvoirs en matière de valeurs mobilières et a aussi refusé de lui apporter une compensation pour l’harmonisation des taxes de vente alors qu’il n’a pas hésité à offrir de généreuses indemnités à l’Ontario et à la Colombie-Britannique sur cette question. 

Au chapitre des mesures sociales, les conservateurs refusent de procéder à une véritable réforme de l’assurance-emploi. Pis encore, ils ont décidé de piller près de 20 milliards de dollars dans la caisse de l’assurance-emploi pour rembourser le déficit. Finalement, les conservateurs ont fermé la porte à toutes les propositions visant à donner des suites concrètes à la reconnaissance de la nation québécoise. En fait, ils nous ont montré leur mépris en déposant un projet de loi visant à réduire le poids du Québec à la Chambre des communes.

Le Bloc Québécois aura fort à faire, en 2010 pour faire avancer les dossiers… encore faut-il pour cela que le parlement siège ! Au lieu de poursuivre la session et de laisser les députés continuer les travaux, le gouvernement Harper se lance dans une autre de ses combines qui va paralyser le Parlement jusqu’en mars. C’est vraiment du grand Harper! Le Parlement fonctionnait correctement et tout se déroulait bien dans les comités. Le gouvernement conservateur n’a aucune raison légitime de suspendre les travaux parlementaires. Cette prorogation de la Chambre est la stratégie de la fuite prônée par les conservateurs depuis nombre d’années : pensons à la dissolution de la Chambre en 2008 par le gouvernement Harper, qui avait violé sa propre loi pour déclencher hâtivement des élections; pensons également à la prorogation du Parlement l’an dernier qui visait à éviter un gouvernement de coalition. C’est devenu une tradition pour Harper : au lieu de faire face à la controverse, il proroge.

Bref, lorsque la session reprendra, le Bloc devra agir pour infléchir la politique canadienne de lutte aux changements climatiques, pour que le Québec récupère les 2,6 milliards de dollars qui lui reviennent pour avoir harmonisé sa taxe de vente, pour que l’industrie forestière obtienne l’aide dont elle a besoin et pour empêcher Ottawa de piller l’argent des travailleuses et des travailleurs.

Non, vraiment, il est inéluctable qu’un avenir meilleur pour le Québec passe par la souveraineté !

 

 

Marc Lemay, député d’Abitibi-Témiscamingue.